Hémorroïdes post-accouchement : combien de temps ça dure et que faire pour les soulager ?

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Avoir des hémorroïdes après l’accouchement est courant et douloureux. 20% des femmes présentent des symptômes hémorroïdaires en post-partum. Pourtant, le sujet reste largement tu, relégué derrière les préoccupations du nourrisson et le suivi gynécologique. Heureusement, il existe des solutions simples et efficaces, y compris pendant l’allaitement. Pourquoi cela arrive-t-il ? Comment soulager la crise ? Combien de temps cela dure-t-il ? On fait le point.

Pourquoi a-t-on des hémorroïdes après l’accouchement  ?

La grossesse et l’accouchement cumulent plusieurs mécanismes qui fragilisent simultanément les vaisseaux hémorroïdaires.

La pression mécanique de la grossesse

Pendant la grossesse, l’utérus grossit et exerce une pression croissante sur la veine cave inférieure et les veines pelviennes. Ce phénomène ralentit le retour sanguin depuis le bas du corps et provoque une congestion des veines du rectum et de l’anus.


Le volume sanguin circulant augmente de 25 à 40% durant la grossesse, ce qui accentue encore l’engorgement des vaisseaux.


Ce n’est pas le choix de la position d’accouchement qui protège de ce phénomène. La pression s’installe dès le troisième trimestre, bien avant le début du travail, et prépare un terrain hémorroïdaire déjà vulnérable à l’effort de la poussée.

L’effort de la poussée

Lors de l’accouchement par voie basse, les efforts expulsifs soumettent le périnée et les veines anales à une hyperpression brutale et répétée. Les coussinets hémorroïdaires (petits amas vasculaires naturellement présents dans le canal anal) peuvent se distendre, s’extérioriser et former une hémorroïde externe après l’accouchement, particulièrement douloureuse.


Le risque de thrombose hémorroïdaire externe est d’environ 20% après un accouchement par voie basse, contre seulement 4% après une césarienne. Si accoucher dans l’eau peut atténuer certains traumatismes périnéaux, cela ne prévient pas totalement la maladie hémorroïdaire, dont les causes sont multifactorielles. 

Les bouleversements hormonaux et la constipation

La progestérone relâche les parois veineuses, les rendant plus susceptibles de gonfler. Elle ralentit aussi le transit intestinal, favorisant la constipation. Or, la constipation oblige à des efforts répétés aux toilettes qui aggravent directement la congestion hémorroïdaire.


À cela s’ajoutent les modifications hormonales propres à la phase de suite de couches, qui altèrent encore la tonicité des tissus de soutien. La supplémentation en fer, fréquente en post-partum, peut également durcir les selles et entretenir ce cercle vicieux. Un transit paresseux est donc l’un des premiers facteurs à corriger.

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Quels sont les symptômes des hémorroïdes après accouchement  ?

Les signes d’une crise hémorroïdaire en post-partum peuvent être intenses et survenir dès les premières heures après l’accouchement. On distingue quatre manifestations principales :

  • sensation de brûlure ou de démangeaisons au niveau de la marge anale, parfois permanentes, aggravées par la chaleur ou l’humidité ;
  • douleurs lors de la défécation ou en position assise, parfois si vives qu’elles compliquent les premiers jours avec le nourrisson ;
  • saignements rouge vif visibles sur le papier hygiénique ou dans la cuvette, à distinguer d’un saignement d’origine gynécologique ;
  • présence d’une boule dure et douloureuse au bord de l’anus, signe caractéristique d’une thrombose hémorroïdaire externe.

Tout saignement inexpliqué mérite une consultation médicale.

Comment soulager une crise hémorroïdaire après un accouchement  ?

Face à une grosse crise hémorroïdaire après un accouchement, plusieurs approches complémentaires existent.

Les soins d’hygiène locaux

Le premier réflexe est d’assurer une hygiène locale douce et régulière. Les bains de siège dans de l’eau tiède (autour de 40°C), deux fois par jour pendant 5 à 10 minutes, soulagent l’inflammation et réduisent le spasme sphinctérien.


Après chaque passage aux toilettes, tamponnez délicatement la zone anale. Les frottements aggravent l’irritation et ralentissent la cicatrisation. Préférez un papier hygiénique non parfumé.


Évitez aussi de rester trop longtemps en position assise ou debout de façon statique, ce qui accentue la stase veineuse et la pression sur le périnée.

Les solutions naturelles

Certaines solutions naturelles peuvent permettre de soulager l’hémorroïde après un accouchement, sans recours immédiat aux médicaments :

  • L’hamamélis, appliqué en compresse sur la zone douloureuse, possède des propriétés astringentes et anti-inflammatoires reconnues, utiles pour réduire le gonflement.
  • Le gel d’aloe vera pur agit comme un calmant local efficace et peut être appliqué plusieurs fois par jour.
  • Les compresses de froid (ou un sachet de petits pois congelés enveloppé dans un linge propre) permettent également de décongestionner rapidement la zone en cas de tuméfaction importante.

Ces solutions ne remplacent pas un traitement médical, mais représentent souvent un premier geste accessible.

Les traitements médicamenteux

Les crèmes anesthésiantes (à base de lidocaïne) et les suppositoires, associant souvent corticoïdes et anti-inflammatoires locaux, soulagent la douleur. Ces traitements topiques peuvent être utilisés même en cas d’allaitement.


Les veinotoniques (comme la diosmine) favorisent la résorption de la thrombose et sont également autorisés pendant l’allaitement.


Le paracétamol reste l’antalgique de première intention en post-partum. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, kétoprofène) sont autorisés avec prudence pendant l’allaitement, mais formellement contre-indiqués pendant la grossesse.


Demandez toujours conseil à votre médecin ou sage-femme avant toute prise.

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Hémorroïdes après accouchement : combien de temps ça dure ?

La plupart des épisodes hémorroïdaires post-partum évoluent favorablement sans chirurgie. La maladie hémorroïdaire se résorbe spontanément dans la majorité des cas dans les semaines, voire dans les 6 mois suivant l’accouchement.


Dans le cas d’une thrombose externe, la douleur disparaît généralement en 2 à 4 jours, même si la boule met plusieurs semaines à fondre entièrement.


Cependant, environ un tiers des patientes continuent de souffrir de symptômes au-delà de 6 mois. Dans ces cas, un avis proctologique s’impose pour envisager un traitement instrumental (ligature, infrarouge) ou, très exceptionnellement, chirurgical.

💡 La grande majorité des thromboses hémorroïdaires guérissent spontanément. Consultez rapidement si la douleur s’intensifie après 4 à 5 jours, si la boule grossit, ou en cas de fièvre, d’écoulement purulent ou de rougeur étendue. Ces signes peuvent indiquer un abcès de la marge anale, dont le traitement est différent et urgent.

Quels sont les bons gestes à adopter pour éviter les récidives ?

Prévenir les récidives repose sur trois leviers du quotidien, à travailler en parallèle.

Favoriser un transit souple

Un transit régulier et non douloureux est la meilleure protection durable contre les hémorroïdes. Privilégiez une alimentation riche en fibres (légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes) et une hydratation suffisante, soit au moins 1,5 litre d’eau par jour.


Si la constipation persiste malgré ces mesures, un laxatif osmotique (de type macrogol) peut être prescrit, y compris pendant l’allaitement.


Si une supplémentation en fer vient aggraver votre constipation, parlez-en à votre professionnel·le de santé pour adapter la forme ou la posologie du traitement. Il existe des alternatives mieux tolérées sur le plan digestif.

Aller à la selle sans se forcer

Pousser aux toilettes est l’une des causes les plus directes d’aggravation des hémorroïdes après l’accouchement. Allez à la selle uniquement lorsque le besoin est réel, sans attendre, mais sans jamais vous forcer.


Limitez le temps passé aux toilettes à moins de 5 minutes et évitez d’y lire ou d’utiliser votre téléphone, car cela allonge inconsciemment la durée de la position assise et majore la pression sur le plancher pelvien.


Si vous craignez la douleur à la défécation (ce qui est très fréquent après l’accouchement), un laxatif ramollissant peut vous aider à franchir ce cap sans traumatisme supplémentaire pour les tissus.

Avoir une bonne posture aux toilettes

La position assise classique sur les toilettes crée un angle ano-rectal peu favorable à l’évacuation des selles, contraignant à exercer une poussée excessive. En surélevant les pieds sur un petit banc d’environ 18 à 20 cm pour placer les genoux au-dessus des hanches, vous adoptez une posture proche de l’accroupissement physiologique, qui redresse cet angle et relâche naturellement le muscle pubo-rectal.


L’évacuation devient plus complète et moins traumatisante pour le périnée. Cette habitude simple est particulièrement recommandée en post-partum par les kinésithérapeutes spécialisé·e·s en rééducation périnéale, période où le plancher pelvien reste encore vulnérable.

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Comment protéger son périnée quand on va à la selle après l’accouchement ?

En post-partum immédiat, notamment en cas d’épisiotomie ou de déchirures périnéales, la première selle peut être source d’anxiété. Placez une compresse propre ou une protection hygiénique contre le périnée et exercez une légère contre-pression avec la main lors de la défécation.


Cette technique soutient les tissus fragilisés et réduit significativement la douleur. Elle est particulièrement utile pour éviter que la douleur physique non prise en charge ne risque d’alimenter une dépression pendant le post-partum. N’hésitez pas à en parler ouvertement à votre sage-femme lors des séances de rééducation périnéale.


Des outils comme les sondes connectées Perifit Care et Care+ vous permettent aussi de continuer à renforcer votre périnée à domicile. Grâce à la technologie biofeedback, vous bénéficiez d'un retour visuel en temps réel sur vos contractions via l'application, pour une rééducation guidée et à votre rythme.

💡 L’épisiotomie modifie la tension des tissus périnéaux et peut aggraver localement la congestion anale. Cicatrice et crise hémorroïdaire peuvent coexister, rendant la douleur difficile à localiser. Une rééducation périnéale précoce aide à restaurer l’équilibre des pressions dans le petit bassin et à accélérer la récupération.

Les hémorroïdes après l’accouchement naissent souvent d’un périnée sous pression, mal soutenu, qui peine à assurer le retour veineux. Rééduquer son périnée après l’accouchement, c’est donc agir sur la cause profonde, pas seulement sur les symptômes, pour réduire le risque de récidive. Un investissement discret, mais durable.

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Elsa CAPLET
Infirmière
Diplômée de l'IFSI du CHU de Nantes, Elsa a exercé plus de 10 ans dans divers services hospitaliers, en France et en Suisse. Désormais, elle met son expertise au service de la vulgarisation des enjeux de santé.

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