Perte de cheveux en post-partum : pourquoi ça arrive et comment y remédier ?

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Quelques mois après l’accouchement, vos cheveux tombent plus que d’habitude. Pas de manière catastrophique, mais suffisamment pour que vous le remarquiez dans la douche ou sur la brosse. La perte de cheveux en post-partum concerne plus de 90% des femmes. Ce phénomène s’inscrit dans un rééquilibrage hormonal tout à fait normal. Mais combien de temps cela va-t-il durer ? Allez-vous retrouver votre chevelure d’avant ? On vous explique le mécanisme hormonal et folliculaire en jeu, ainsi que les gestes qui permettent d’en limiter l’impact et de favoriser la repousse.

Pourquoi perd-on ses cheveux après l’accouchement ?

La perte de cheveux en post-partum est l’un des nombreux changements du corps après la grossesse.

L’effluvium télogène

Ce phénomène porte le nom médical d’effluvium télogène (telogen effluvium dans la littérature internationale). Il désigne une forme d’alopécie diffuse non cicatricielle. Il s’agit d’une chute généralisée qui ne détruit pas les follicules et se résout spontanément dans la grande majorité des cas.


Dans le contexte du post-partum, on parle aussi de telogen gravidarum. L’effluvium télogène se distingue nettement des autres formes d’alopécie (androgénétique, pelade…) par son caractère réversible et temporaire.

L’explication biologique

Vos cheveux suivent un cycle biologique permanent en trois phases :

  1. La phase anagène est celle de la croissance active. Elle dure entre deux et six ans et concerne 85 à 90 % de vos cheveux.
  2. Une courte phase catagène de transition lui succède.
  3. Puis, vient la phase télogène. Le follicule pileux entre en repos pendant environ trois mois, avant d’expulser le cheveu et d’entamer un nouveau cycle.

En temps normal, vous perdez entre 50 et 100 cheveux par jour. Pendant la grossesse, l’élévation des œstrogènes prolonge la phase anagène. Les follicules restent en activité plus longtemps, la chute quotidienne diminue et beaucoup de personnes enceintes remarquent une chevelure plus dense dès le deuxième ou troisième trimestre.


Les taux d’œstrogènes et de progestérone, fortement augmentés au cours de la grossesse, s’effondrent dans les jours suivant l’accouchement. Ce déséquilibre déclenche le passage en masse des follicules vers la phase télogène. Ce rééquilibrage hormonal est physiologique et nécessaire, mais son effet sur la chevelure est souvent vécu comme soudain et spectaculaire.

Les carences nutritionnelles

Grossesse et allaitement mobilisent des réserves nutritionnelles considérables. Une rapide perte de poids après avoir accouché ou une alimentation insuffisante peuvent aggraver des déficits déjà présents.


La ferritine (stock de fer de l’organisme) est le premier indicateur à surveiller. Inférieure à 30–40 ng/mL, même en l’absence d’anémie déclarée, elle est associée à un effluvium prolongé.


Les carences en zinc, vitamine D et vitamines B jouent un rôle similaire. Elles n’expliquent pas la chute à elles seules, mais en amplifient l’intensité et la durée.

Le stress émotionnel

Se sentir déprimée après un accouchement est très fréquent. Or, le stress chronique agit directement sur le cycle capillaire. En élevant les taux de cortisol, il précipite les follicules de la phase anagène vers la phase télogène.


La fatigue post-grossesse, le manque de sommeil cumulé et le bouleversement de la nouvelle parentalité alimentent ce mécanisme. L’alopécie post-grossesse est donc rarement liée à une seule cause. C’est souvent la combinaison de plusieurs facteurs qui en détermine l’ampleur. 

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Quand commence et combien de temps dure la chute de cheveux en post-partum ?

La chute de cheveux post-partum débute en moyenne 2 à 3 mois après l’accouchement, atteint son pic autour du 5e mois et se résout généralement vers le 8e mois.


La durée de ce phénomène dépasse rarement six mois et la densité capillaire d’avant-grossesse est retrouvée dans la grande majorité des cas avant le premier anniversaire de l’enfant.

💡Si la chute se prolonge au-delà d’un an ou s’accompagne de plaques bien délimitées, une consultation médicale est recommandée. Hypothyroïdie, anémie ferriprive ou pelade peuvent se superposer à l’effluvium post-natal, voire le masquer.

Comment limiter la perte de cheveux en post-partum ?

Il n’existe pas de moyen de stopper l’alopécie post-accouchement. La mécanique hormonale est inévitable. Plusieurs habitudes permettent en revanche d’en atténuer l’intensité et de soutenir activement la repousse.

Adopter une alimentation riche en nutriments

Les follicules pileux comptent parmi les tissus biologiquement les plus exigeants. Ils ont besoin de protéines (pour la kératine), de fer, de zinc, de vitamine D et de vitamines du groupe B pour fonctionner correctement.


Une alimentation variée (légumineuses, œufs, poissons gras, oléagineux, légumes à feuilles vertes) représente donc le premier levier. Si vous allaitez, vos besoins sont majorés.

Choisir des soins capillaires doux

Optez pour des shampoings volumateurs doux, qui redonnent du corps sans agresser le cuir chevelu. Limitez les sources de chaleur (sèche-cheveux, lisseur, fer à friser) et démêlez toujours des pointes vers les racines. Ces précautions n’agissent pas sur la chute liée à l’effluvium, mais elles préservent l’intégrité des cheveux en place et réduisent la casse supplémentaire.

Réduire les coiffures trop serrées

Une traction répétée sur les follicules déjà fragilisés peut déclencher une alopécie de traction, qui se surajoute alors à l’effluvium télogène. Préférez les coiffures lâches, les élastiques sans métal, et dormez cheveux libres si possible.

Gérer le stress et favoriser le repos

Quelques minutes quotidiennes de respiration consciente, de marche ou d’activité agréable contribuent à réguler la réponse cortisolique. La sophrologie, le yoga post-natal et le soutien de l’entourage sont des pistes concrètes et documentées. Agir sur le cortisol, c’est agir directement sur le terrain folliculaire.

Masser le cuir chevelu

Deux à trois minutes de massage circulaire quotidien stimulent la microcirculation sanguine au niveau des follicules. Pratiquez du bout des doigts, sans ongle, sur cuir chevelu propre et légèrement humide. Vous pouvez y associer quelques gouttes d’huile végétale légère (jojoba, argan), mais l’effet est avant tout mécanique.

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Quels sont les compléments alimentaires à privilégier en cas de chute de cheveux en post-partum ?

Une ferritine basse allonge l’effluvium même sans anémie apparente. Sa correction par complémentation en fer représente souvent le levier le plus efficace.


Le zinc est fréquemment épuisé par l’allaitement et peut être supplémenté sans risque, aux doses recommandées.


La vitamine D intervient dans la fonction folliculaire ; elle est souvent insuffisante chez les jeunes mères peu exposées à la lumière naturelle.


La biotine (vitamine B8) contribue à la synthèse de kératine, mais son bénéfice est surtout mesurable en cas de carence avérée.

💡 Un bilan biologique préalable est vivement recommandé avant toute supplémentation. Si vous continuez vos vitamines prénatales en post-partum, elles couvrent déjà une partie de ces besoins. Discutez du dosage avec votre médecin ou sage-femme.

Est-ce que les cheveux perdus en post-partum vont repousser ?

La repousse des cheveux en post-partum commence dès que les anciens tombent, même si elle ne devient visible qu’après quelques semaines. Vous observerez d’abord de courts duvets le long de la raie ou au sommet du crâne.


Les cheveux, en post-grossesse, peuvent présenter une texture légèrement modifiée pendant quelques mois (plus fins, ou plus bouclés parfois) avant de retrouver progressivement leur aspect habituel. Le changement des cheveux après la grossesse, dans la grande majorité des cas, reste temporaire.

Peut-on éviter la chute de cheveux après un accouchement ?

Il n’existe aucun moyen d’éviter la chute de cheveux en post-partum. Elle résulte directement d’un rééquilibrage hormonal post-natal à la fois inévitable et nécessaire. L’objectif n’est donc pas de la prévenir, mais de traverser cette période dans les meilleures conditions et de favoriser la repousse.

Est-ce que l’allaitement provoque la chute des cheveux ?

L’allaitement prolongé est un prédicteur de la chute capillaire post-natale, indépendamment des autres causes. D’après une étude, les personnes allaitant plus de 12 mois présentent un risque plus élevé que celles ayant arrêté avant 6 mois.


Deux mécanismes sont en jeu. La prolactine, hormone centrale de la lactation, peut inhiber directement certains follicules pileux. Par ailleurs, les nutriments mobilisés pour la production de lait (fer, zinc, vitamines B) appauvrissent les réserves disponibles pour la croissance capillaire.


Cela ne justifie pas pour autant d’interrompre l’allaitement. Ses bénéfices sont largement documentés pour l’enfant comme pour la personne allaitante et l’effet sur les cheveux reste temporaire et réversible.

La chute de cheveux en post-partum s’inscrit dans une transformation globale du corps pendant les suites de couche, au même titre qu’avoir des hémorroïdes après un accouchement ou les saignements post-natals. Anticiper ces phénomènes, c’est les traverser avec plus de sérénité.

Références :

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Elsa CAPLET
Infirmière
Diplômée de l'IFSI du CHU de Nantes, Elsa a exercé plus de 10 ans dans divers services hospitaliers, en France et en Suisse. Désormais, elle met son expertise au service de la vulgarisation des enjeux de santé.

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