L’arrivée d’un bébé peut parfois nécessiter une aide médicale pour faciliter la naissance. Le recours à la ventouse lors de l’accouchement fait partie de ces situations qui soulèvent souvent des interrogations, voire des inquiétudes. Pourquoi cet instrument est-il proposé ? Comment se déroule l’intervention ? Quelles sensations peut-on ressentir et quelles conséquences attendre pour la mère et l’enfant ? On fait le point sur les indications, le déroulement, les effets possibles et les alternatives, afin d’aborder cette assistance de façon plus sereine.
Qu’est-ce que la ventouse obstétricale ?
La ventouse obstétricale est une coupelle (souple ou rigide) reliée à une pompe, qui crée une dépression.
Elle se place sur le cuir chevelu du bébé pour obtenir une adhérence temporaire, puis aider la sortie pendant les contractions. L’objectif n’est pas de « tirer » sans vous, mais d’ajouter une traction douce, contrôlée et synchronisée avec vos poussées.
C’est un accouchement vaginal assisté, comme les forceps pour l’accouchement ou l’accouchement par spatule. L’équipe choisit l’outil selon la position du bébé, l’urgence, et l’expérience du ou de la praticien·ne. La ventouse est souvent préférée, car elle prend moins de place dans le vagin.
Comment se déroule l’extraction par ventouse ?
Voici les principales étapes d’un accouchement assisté par ventouse :
- Étape 1 : la coupelle est glissée et posée sur le sommet de la tête, en évitant les fontanelles.
- Étape 2 : le ou la gynécologue-obstétricien·ne crée le vide avec la pompe pour assurer une fixation.
- Étape 3 : à chaque contraction, la traction est réalisée dans l’axe, en même temps que vos poussées, puis relâchée entre les contractions.
La naissance par ventouse doit être brève. Si la coupelle se décolle plusieurs fois ou si le bébé ne descend pas, l’équipe arrête et discute d’une autre stratégie. Après la sortie de la tête, la dépression est levée et la ventouse retirée.
💡 En France, environ 12 % des accouchements par voie basse font appel à une aide instrumentale (ventouse, forceps ou spatules).
Dans quel cas la ventouse est-elle utilisée lors de l’accouchement ?
Indications maternelles
On propose la ventouse quand la personne qui accouche n’arrive plus à faire progresser la tête du bébé malgré une dilatation complète. Le contexte le plus fréquent est l’épuisement maternel. Après un long travail, les poussées deviennent parfois moins efficaces.
Une ventouse peut aussi être discutée quand l’effort prolongé est déconseillé, par exemple en cas de certaines cardiopathies, d’hypertension sévère ou de pathologies neurologiques. L’objectif est d’écourter la phase expulsive, sans attendre l’épuisement complet, tout en restant sur une voie basse sécurisée.
Indications fœtales
Du côté du bébé, la souffrance fœtale aiguë est la principale indication d’extraction instrumentale. La priorité est de raccourcir la naissance si le monitoring montre des signes de mauvaise tolérance des contractions (rythme cardiaque anormal, décélérations répétées).
Un autre scénario possible est celui d’un bébé pourtant bien engagé, mais qui ne progresse plus dans le bassin, malgré les poussées. Dans ce contexte, l’équipe peut recourir à la ventouse pour sortir bébé plus rapidement, avant qu’il ne fatigue davantage.
La ventouse peut rendre service en cas de mauvaise position de la tête fœtale. La ventouse permet parfois de corriger légèrement l’orientation de la tête du bébé, afin de faciliter son passage.
À quel moment du travail peut-on utiliser la ventouse ?
La ventouse s’utilise uniquement à la fin du travail, pendant l’expulsion. Ce n’est pas un geste envisagé dès les premiers signes, comme quand on commence à perdre le bouchon muqueux !
Les prérequis sont stricts :
- col dilaté à 10 cm ;
- membranes rompues ;
- présentation céphalique ;
- tête déjà engagée dans le bassin.
Le ou la praticien·ne vérifie aussi la position exacte de la tête, l’absence de disproportion majeure et la possibilité d’une voie basse rapide. Si ces conditions ne sont pas réunies, une autre option sera proposée.
Est-ce que l’accouchement par ventouse est douloureux ?
Avec une péridurale bien dosée, la pose de la ventouse est souvent peu ressentie. On perçoit surtout de la pression et l’intensité des contractions.
Sans analgésie, la sensation peut être plus vive, car l’expulsion s’accélère et les tissus s’étirent rapidement. Dans le feu de l’action, la plupart des femmes ne distinguent pas une différence notable de douleur due à la ventouse, l’effort de poussée et les contractions restant les sensations prépondérantes de l’expulsion. De plus, l’usage de la ventouse écourtant le travail, il peut au final réduire la durée de souffrance liée aux contractions interminables.
Rappelons que la pose de la ventouse en elle-même (introduction de la cupule et création de la succion) est effectuée entre les contractions, lorsque la mère peut se relâcher. Si vous avez choisi d’accoucher sans péridurale, l’équipe peut proposer une anesthésie locale, si une épisiotomie est nécessaire.
💡 La pratique de l’épisiotomie (incision du périnée) n’est plus aussi systématique qu’autrefois, même lors des accouchements instrumentaux. En France, le taux d’épisiotomie est passé de 20 % des accouchements en 2016 à 8,3 % en 2021, grâce à une meilleure sélection des indications.
Quelles sont les conséquences d’un accouchement par ventouse ?
Conséquences pour le bébé
Lors d’un accouchement avec ventouse, les séquelles redoutées concernent le plus souvent des effets transitoires, qui disparaissent spontanément avec une prise en charge adaptée.
Le signe classique est le « chignon » (bosse séro-sanguine) à l’endroit de la cupule. Il dégonfle en quelques jours. On peut aussi observer une ecchymose ou un petit hématome du cuir chevelu, parfois des marques circulaires. L’équipe vérifie la vitalité, la couleur, le tonus et surveille l’apparition d’une jaunisse si un hématome est important.
Les complications graves (saignement sous-galéal, lésions nerveuses) sont exceptionnelles, surtout quand les règles d’utilisation sont respectées. Consultez rapidement si le bébé paraît somnolent, refuse de téter, vomit ou si la bosse grossit nettement, brutalement.
Conséquence pour la maman
Pour la mère, un accouchement aidé par ventouse comporte essentiellement un risque de déchirure périnéale. En effet, toute extraction instrumentale augmente un peu la probabilité de lésions du périnée par rapport à un accouchement spontané.
La ventouse demeure cependant l’instrument le moins traumatisant pour les tissus maternels. Contrairement aux forceps ou aux spatules, elle n’occupe pas de place dans le vagin et n’augmente pas le diamètre de sortie de la tête.
Néanmoins, la maman peut avoir une épisiotomie (incision chirurgicale du périnée) ou subir une déchirure naturelle lors du passage du bébé. Si une épisiotomie est pratiquée, elle sera suturée en post accouchement immédiat, sous anesthésie locale ou péridurale.
Peut-on refuser l’utilisation de la ventouse lors de l’accouchement ?
En France, vous avez le droit d’être informé·e et de consentir avant tout geste médical. L’équipe doit expliquer la raison (fatigue, urgence pour le bébé), le déroulement, les bénéfices et les risques, puis recueillir votre accord.
Refuser est possible, mais il faut comprendre l’alternative. Si le bébé doit naître vite, l’option peut être une autre extraction instrumentale ou, selon le contexte, une césarienne.
💡 Si le bébé ne montre aucun signe de souffrance et que la progression est simplement lente, vous pouvez tenter d’éviter le recours à la ventouse en modifiant votre position d’accouchement. Par exemple, se redresser, s’accroupir ou adopter une posture plus physiologique peut aider le bébé à mieux s’engager.
Accouchement par ventouse et prolapsus : y a-t-il un lien ?
Le prolapsus génital désigne la descente d'organes (vessie, utérus, rectum) dans le vagin due à un affaiblissement du plancher pelvien. Ce problème peut survenir des mois ou des années après un accouchement.
Spontanément, on pourrait penser qu’une extraction instrumentale traumatisante favorise les prolapsus. En réalité, il est difficile d’attribuer un prolapsus uniquement à la ventouse. Ce sont surtout les facteurs comme le nombre de grossesses, la taille du bébé, ou un travail très long avec poussées intenses qui augmentent le risque de descente d’organes après la naissance.
Cela étant, on ne peut nier que l’utilisation d’instruments est corrélée à des accouchements difficiles, lesquels sont un terrain propice aux dommages pelviens. Forceps, spatules ou ventouse augmentent légèrement le risque de lésions musculaires ou nerveuses du bassin, pouvant à long terme favoriser un prolapsus si ces lésions ne se réparent pas complètement.
Pour prévenir le prolapsus après un accouchement (instrumental ou non), le maître-mot est la rééducation périnéale.
Comment renforcer son périnée avec les sondes Perifit après un accouchement par ventouse ?
Après une extraction instrumentale, le périnée peut être plus sensible. La priorité est la cicatrisation. Attendez le contrôle postnatal (en général vers 6 semaines) et demandez au ou à la professionnel·le de santé si l’usage d’une sonde est adapté à votre situation.
Ensuite, les sondes Perifit peuvent aider grâce au biofeedback. L’application vous guide, corrige en temps réel et rend l’entraînement ludique, motivant et autonome à domicile. Un programme post-partum permet de choisir des séances selon vos besoins.
Dans une étude en vie réelle (plus de 6000 utilisatrices), 85 % ont déclaré réduire leurs fuites urinaires après environ 4 mois d’entraînement avec une pratique régulière.
L’accouchement par ventouse est une intervention bien maîtrisée, qui permet souvent d’éviter une césarienne lorsque l’accouchement vaginal a besoin d’aide en toute fin de travail. Sur le moment, elle peut impressionner, mais elle s’avère souvent salvatrice pour faire naître bébé rapidement et en sécurité.
Références :
- Accouchement par ventouse : comment ça marche ? - Elsan
- Accouchement assisté par ventouse ou forceps – Info Grossesse
- Prolapsus génital - Problèmes de santé de la femme - Manuels Merck
- PERRIER, Erica T. et AUMONT, Louise. Pelvic floor muscle training using the Perifit device for the treatment of urinary incontinence: a pragmatic trial using real-world data. Women’s Health Reports, 2024, vol. 5, no 1, p. 250-258.
- Forceps or vacuum delivery - NHS
- Assisted Vaginal Delivery - ACOG
- Vacuum Extraction - StatPearls - NCBI Bookshelf
- Mises à jour en Gynécologie et Obstétrique (2008) - CNGOF




