Cystocèle : comment reconnaître et soigner cette descente de la vessie ?

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Vous avez l’impression d’une gêne dans le bas-ventre ou une sensation de boule dans le vagin ? Il pourrait s’agir d’une cystocèle. Ce trouble, aussi appelé descente de la vessie, touche plus de personnes qu’on ne l’imagine. Mais il reste souvent tabou. Comment savoir si on est concerné·e ? Et surtout, que faire pour se soigner ? On vous aide à comprendre ce qu’est ce prolapsus vésical, comment il évolue, et quelles sont les solutions concrètes pour le traiter.

Qu’est-ce qu’une cystocèle ?

La cystocèle est un type de prolapsus qui survient quand la vessie descend dans le vagin. Pour évaluer la gravité d’une descente de la vessie, on utilise souvent la classification de Baden-Walker.


Cette dernière comporte quatre stades, permettant d’adapter la prise en charge selon le stade d’évolution.

Cystocèle légère (Grade 1)

À ce stade, le point le plus bas de la vessie reste au moins à 1 cm au-dessus de l’hymen. On ne constate pas de déformation visible, et les symptômes sont souvent absents. Cette descente légère est généralement repérée par hasard, lors d’un examen gynécologique. Elle marque le début d’un affaissement discret du plancher pelvien.

Cystocèle modérée (Grade 2)

Dans ce prolapsus modéré, la vessie descend au niveau de l’hymen, parfois juste en dessous. Son point le plus bas se situe entre +1 et -1 cm par rapport à l’orifice vaginal. La gêne est plus fréquente, surtout debout ou en fin de journée. On peut alors ressentir une pression pelvienne ou un gonflement intérieur.

Cystocèle sévère (Grade 3)

Ici, le point le plus bas du prolapsus dépasse l’hymen de plus d’un centimètre, sans toutefois extérioriser complètement le vagin. La vessie commence à ressortir partiellement. Ce stade avancé s’accompagne souvent de signes plus marqués : inconfort, troubles urinaires, gêne lors des efforts. La déformation devient alors visible ou palpable à l’entrée du vagin.

Cystocèle complète (Grade 4)

À ce stade, la vessie s’est totalement affaissée et fait saillie à travers la paroi antérieure du vagin, au point de dépasser l’orifice vaginal. La cystocèle complète entraîne une gêne permanente, visible, avec des répercussions importantes sur le confort intime et les activités quotidiennes.

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Quelles sont les causes de la cystocèle ?

Le prolapsus vésical survient habituellement lorsque plusieurs facteurs de risque s’associent et fragilisent progressivement le plancher pelvien, favorisant ainsi la descente d’organes.

Affaiblissement du plancher pelvien

Avec le temps, les muscles du périnée perdent en tonicité. Cela peut être lié à l’âge, à un manque d’exercice ou à des antécédents de constipation chronique.

💡 Ce relâchement diminue le soutien de la vessie, ce qui favorise sa descente dans le vagin.

Grossesse et accouchement

Pendant la grossesse, le poids de l’utérus et les modifications hormonales mettent à rude épreuve les tissus pelviens. L’accouchement par voie basse peut distendre ou abîmer les ligaments et muscles de soutien. Ce traumatisme, surtout en cas de naissances multiples, augmente le risque de cystocèle.

Ménopause et diminution des œstrogènes

Les œstrogènes jouent un rôle dans l’élasticité des tissus. À la ménopause, leur baisse fragilise le vagin et le périnée. Cette perte hormonale accroît donc le risque de prolapsus vésical, surtout si d’autres facteurs sont présents.

Hyperpression intra-abdominale

Des efforts répétés (port de charges lourdes, toux chronique, obésité) exercent une pression constante sur le bas-ventre. Cette hyperpression abdominale pousse les organes vers le bas. Sur le long terme, elle peut entraîner une descente de la vessie, même chez des personnes jeunes.

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Quels sont les symptômes d’une cystocèle ?

À chaque stade, la cystocèle peut provoquer des signes plus ou moins gênants.

Sensation de pression ou de plénitude dans le vagin

On peut ressentir comme un poids, une boule ou une gêne dans le bas-ventre ou le vagin. Cette sensation est souvent plus marquée en fin de journée ou après un effort. Elle diminue en position allongée. Ce signe est souvent le premier à apparaître.

Inconfort ou douleur pendant les rapports sexuels

Le prolapsus vésical peut modifier la forme du vagin. Cela rend parfois les rapports sexuels inconfortables, voire douloureux. La gêne est variable selon la position, le stade du prolapsus et la sensibilité de chacune. Ce symptôme a aussi un impact émotionnel, parfois difficile à exprimer.

Difficulté à vider complètement la vessie

La descente de la vessie gêne le bon écoulement de l’urine. On peut avoir la sensation de ne pas avoir complètement vidé sa vessie. Certaines personnes doivent changer de position pour uriner ou faire des efforts de poussée. Ce trouble peut considérablement compliquer le quotidien.

Fuites urinaires

La perte involontaire d’urine est un symptôme courant. Elle survient souvent à l’effort (en riant, en toussant, en courant). Cette incontinence d’effort est liée au manque de soutien de la vessie. Elle peut devenir un vrai handicap social si elle n’est pas prise en charge.

Infections urinaires récurrentes

Quand la vessie ne se vide pas bien, l’urine stagne. Cela favorise la prolifération de bactéries et les cystites à répétition. On peut alors enchaîner les traitements antibiotiques sans vraiment comprendre la cause. La cystocèle est parfois diagnostiquée à ce moment-là.

Quelles sont les options de traitement pour une cystocèle ?

Le traitement de la cystocèle dépend du stade, des symptômes et des préférences de la personne concernée.

Rééducation du périnée

C’est souvent le premier réflexe, surtout pour les formes légères à modérées. Des séances avec un·e kinésithérapeute ou un·e sage-femme permettent de renforcer les muscles pelviens.


Après avoir appris à bien contracter les muscles périnéaux avec un·e professionnel·le, on peut poursuivre la rééducation à domicile. Des sondes périnéales connectées, comme Perifit Care+, utilisent le biofeedback pour visualiser ses efforts et progresser de façon autonome sur le long terme.

Pessaires vaginaux

Le pessaire est un dispositif en silicone que l’on place dans le vagin. Il soutient la vessie et soulage les symptômes. On peut le porter au quotidien ou ponctuellement. Il s’adresse surtout aux personnes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas subir d’opération. Le suivi médical est important pour éviter les complications.

Intervention chirurgicale

En cas de cystocèle sévère, une opération peut être proposée. Elle consiste à repositionner la vessie et à renforcer le plancher pelvien. Plusieurs techniques existent, avec ou sans pose de prothèse. La chirurgie améliore nettement la qualité de vie, mais elle demande un temps de récupération et un suivi.

Comment diagnostiquer une cystocèle ?

Le diagnostic repose sur un examen clinique gynécologique. À l’aide d’un spéculum à une seule lame, le·la professionnel·le de santé écarte la paroi postérieure du vagin pour mieux visualiser la paroi antérieure.


En demandant à la personne de pousser ou de tousser, la cystocèle devient alors visible ou palpable.


Aucun examen complémentaire n’est nécessaire pour confirmer le diagnostic, mais on évalue aussi son retentissement sur le quotidien pour guider la prise en charge.

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La cystocèle peut-elle disparaître toute seule ?

En général, une cystocèle ne régresse pas spontanément, surtout si elle est déjà bien installée.


On peut cependant stabiliser, voire améliorer une forme légère avec de la rééducation et de bonnes habitudes de vie.

💡 Plus on agit tôt, plus on limite l’évolution. Ignorer le problème ne fait que retarder la prise en charge. Si on a un doute, mieux vaut consulter.

La cystocèle peut-elle revenir après une chirurgie ?

Même après une opération réussie, une récidive de prolapsus est possible. Cela dépend de plusieurs facteurs : type de chirurgie, âge, mode de vie, poids, activité physique…


C’est pourquoi un suivi à long terme est essentiel. La rééducation post-opératoire joue aussi un rôle clé pour consolider les résultats et prévenir une nouvelle descente de la vessie.

La cystocèle peut sembler impressionnante, mais on dispose aujourd’hui de solutions efficaces pour la vivre mieux, voire la corriger. En parler, se faire accompagner, c’est déjà un premier pas. Écoutons notre corps, sans tabou ni fatalisme. Prenez le temps d’en discuter avec un·e professionnel·le dès les premiers signes de gêne.

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Elsa CAPLET
Infirmière
Diplômée de l'IFSI du CHU de Nantes, Elsa a exercé plus de 10 ans dans divers services hospitaliers, en France et en Suisse. Désormais, elle met son expertise au service de la vulgarisation des enjeux de santé.

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