Vous proposez le sein, il pleure. Vous changez de position, il s’agite. Vous attendez la nuit, rien ne change. Chaque jour devient un défi. Votre bébé refuse de téter sans qu’aucune raison ne saute aux yeux. Pourtant, il semble avoir faim. Le lait est là. Gérer le débit du lait : trop lent ou trop rapide Mais la prise du sein échoue.
Cette grève de la tétée est plus fréquente qu’on ne le pense. Elle peut arriver à la suite d’un accouchement difficile, d’un engorgement, d’un biberon donné trop tôt, d’un problème de succion, d’un muguet, d’un reflux ou d’un simple changement dans l’entourage. Le comportement du bébé est souvent révélateur : pleurs, agitation, succion désorganisée… ces signaux aident à comprendre ce qu’il traverse.
Heureusement, il existe des solutions douces et efficaces pour l’aider à retrouver le sein. L’objectif : retrouver un allaitement apaisé, sans pression, et adapté aux besoins de votre enfant.
Qu'est-ce que le refus du sein ou la grève de la tétée ?
Le refus du sein, aussi appelé grève de la tétée, correspond à une situation dans laquelle un bébé, jusque-là allaité, refuse subitement ou progressivement de prendre le sein. Il peut sembler avoir faim, montrer des signes de besoin, mais refuser de téter au moment de la mise au sein.
💡 Ce comportement ne signifie pas forcément un sevrage.
Dans la majorité des cas, il s’agit d’une phase transitoire. Le terme de « grève » est utilisé car le bébé paraît suspendre temporairement l’allaitement pour exprimer un inconfort, une gêne ou une difficulté, sans pour autant rejeter définitivement l’allaitement maternel.
Le refus du sein peut prendre plusieurs formes :
- Refus total : le bébé pleure, se cambre ou détourne la tête dès qu’on lui propose le sein.
- Refus partiel : il accepte de téter seulement à certains moments, souvent la nuit ou en semi-sommeil.
- Refus d’un seul sein : un sein est systématiquement rejeté alors que l’autre reste accepté.
Ce comportement peut apparaître chez un nouveau-né comme chez un bébé allaité depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois. Il est souvent vécu comme une rupture brutale, d’autant plus déroutante que l’allaitement maternel à la demande est censé répondre naturellement aux besoins du nourrisson.
Un bébé qui a faim mais ne veut plus téter exprime généralement une frustration réelle. Les pleurs augmentent. La tension s’installe autour des tétées. Cette spirale peut fragiliser la confiance des parents.
Quelles sont les différences entre le refus du sein et le sevrage naturel ?
Il est essentiel de distinguer un refus du sein d’un sevrage naturel. Ces deux phénomènes ne reposent pas sur les mêmes mécanismes et ne traduisent pas les mêmes besoins.
Le sevrage naturel est un processus lent et progressif. Le bébé réduit peu à peu la fréquence des tétées, jusqu’à ne plus réclamer. Ce sevrage s’installe en douceur, souvent entre l’âge de 6 mois et 2 ou 3 ans, selon le rythme propre à chaque enfant. Il se déroule sans conflit, ni détresse, et peut coexister avec une alimentation diversifiée ou un allaitement mixte.
À l’inverse, lorsqu’un bébé refuse le sein soudainement, alors qu’il montrait jusque-là un appétit normal, cela évoque plutôt une grève de la tétée. Le changement est brutal. L’enfant manifeste une gêne, pleure au contact du sein ou interrompt la succion rapidement.
Le comportement du nourrisson est un bon indicateur : un rejet actif du sein, des pleurs à la mise au sein ou un besoin de succion détourné (tétine, doigts) sont des signaux à interpréter. Ce type de situation nécessite écoute, observation et parfois l’aide d’une personne formée en allaitement.
Quelles sont les causes fréquentes du refus du sein ?
Votre bébé ne veut pas téter sans raison apparente ? Plusieurs déclencheurs peuvent expliquer ces modifications de comportement. Ils peuvent être liés au bébé lui-même, à l’environnement, ou encore à l’expérience de la tétée.
Causes liées au bébé
- Douleur ou malaise : une poussée dentaire, un reflux chez le nourrisson allaité, une otite ou la présence de muguet buccal peuvent rendre la succion douloureuse. Le bébé associe alors le sein à une sensation désagréable.
- Confusion sein / tétine : l’introduction d’un biberon ou d’une tétine peut perturber le réflexe de succion. La technique de succion au biberon étant plus facile, certains bébés développent une préférence et refusent le sein.
- Facteurs environnementaux : un changement d’habitude, un déménagement, le retour au travail ou une ambiance bruyante peuvent perturber le moment de la tétée. Dans un cadre perçu comme peu sécurisant, l’enfant peut refuser de téter.
Causes liées à la mère ou à la tétée
- Débit du lait : un débit trop lent peut frustrer le bébé, tandis qu’un réflexe d’éjection fort peut le faire tousser. Dans les deux cas, cela peut entraîner un rejet du sein. Ce type de difficulté survient souvent lors d’une montée de lait intense ou d’un engorgement.
- Odeur ou goût du lait : certains médicaments, aliments ou changements hormonaux modifient le goût du lait maternel. Le bébé peut être dérangé par cette saveur inhabituelle, tout comme par une odeur corporelle différente (transpiration, parfum...).
- Stress ou tension : le lien entre anxiété et allaitement est à creuser. Un climat tendu, une fatigue intense ou des émotions fortes peuvent affecter la relation d’allaitement. Le bébé, très sensible à l’état émotionnel de sa mère, peut interrompre la tétée ou refuser le sein.
Problèmes médicaux à écarter
Avant de chercher une cause émotionnelle ou environnementale, il est essentiel d’évaluer la possibilité d’un problème médical :
- Frein de langue : une restriction du mouvement de la langue peut rendre la succion difficile ou douloureuse.
- Candidose mammaire : cette infection fongique du sein provoque des douleurs chez la mère et une gêne lors de la succion pour le bébé.
- Lésions buccales : aphtes, muguet, blessures ou anomalies anatomiques (fente palatine) doivent être examinés.
Un pédiatre, un médecin généraliste formé à l’allaitement ou une sage-femme peuvent confirmer ou écarter ces hypothèses.
💡 Lorsque allaitement et forte chaleur sont associés, le rythme et les besoins de l'enfant peuvent être modifiés.
Combien de temps dure une grève de la tétée ?
La durée d’une grève de la tétée dépend des causes et de la sensibilité de l’enfant. En général, ce comportement dure entre 2 et 5 jours. Certains bébés reprennent le sein spontanément après quelques heures, d'autres ont besoin de plus de temps pour retrouver la confiance.
Si la grève se prolonge au-delà de 5 à 7 jours, il est fortement conseillé de consulter un professionnel formé à l’allaitement. Un refus persistant, une perte de poids ou des signes de déshydratation (peu d’urines, fontanelle creusée, bouche sèche) doivent alerter.
Le duo prématuré et allaitement demande souvent plus d’attention. Chez ces bébés, la succion est parfois moins efficace, la fatigue plus rapide, et la sensibilité sensorielle accentuée. Ces facteurs peuvent entraîner une grève de la tétée passagère. Une approche individualisée est alors indispensable
Quelles que soient les circonstances, l’objectif reste de maintenir la lactation et d’assurer que le bébé est nourri de manière suffisante, que ce soit au sein, au lait infantile ou via des méthodes alternatives (DAL, lait au gobelet, seringue...).
Comment faire face au refus du sein ?
Un bébé qui a faim mais ne veut plus téter ne rejette pas forcément le lien avec sa mère.
Dans bien des cas, il a besoin de retrouver un cadre apaisant, rassurant et sans contrainte pour revenir vers le sein. Voici plusieurs techniques douces à essayer dans ce moment délicat.
Le peau à peau
Le contact peau à peau est l’un des moyens les plus efficaces pour relancer l’allaitement. En plaçant le bébé contre votre poitrine, dans un moment calme, sans chercher à forcer la tétée, vous réactivez ses réflexes d’attachement et de succion. Ce lien sensoriel direct apaise et rassure.
Proposer le sein en semi-sommeil
De nombreux bébés acceptent plus volontiers de téter lorsqu’ils sont somnolents. Proposer le sein juste avant ou après une sieste permet une mise au sein plus instinctive. Cette méthode est douce, sans pression, et peut aider votre bébé à téter de nouveau.
Le mouvement et le calme
Berceuses, portage en écharpe, allaitement dans une pièce tamisée : ces éléments favorisent un climat de confiance. Un bébé qui pleure ou s’agite a parfois besoin de temps avant de se reconnecter à l’allaitement. L’objectif est de recréer un environnement propice au lien, sans attente immédiate de résultat.
Gérer le débit de lait : trop lent ou trop rapide
Si le débit du lait est lent, vous pouvez utiliser la compression mammaire. Cette méthode consiste à exercer une pression douce sur le sein pendant la tétée pour augmenter le débit. Cela permet de maintenir l’intérêt du bébé et de faciliter la succion.
À l’inverse, en cas de réflexe d’éjection fort, allaitez en position semi-allongée et laissez le lait s’écouler un peu avant la mise au sein. Le bébé pourra téter à son rythme, sans être submergé.
Le tire-lait
Utiliser un tire-lait permet de maintenir la production lactée pendant la grève. Le lait recueilli peut être proposé à la cuillère, à la seringue ou au gobelet. Ces méthodes sont respectueuses du réflexe de succion et évitent l’introduction prématurée d’un biberon.
Si besoin, un allaitement mixte peut temporairement compléter l'apport nutritif. Le tire-lait Perifit Pump, a des atouts intéressants : il est de qualité médicale et fonctionne sans fil. Cela en fait un allié de choix dans ces situations de refus du sein.
Quelle que soit la méthode, l’essentiel est de nourrir votre bébé, de respecter son rythme et d’éviter toute forme de pression.
Un bébé refuse le sein pour diverses raisons : inconfort, douleur, stress, besoin de changement ou simple passage sensible. Il ne s’agit pas d’un rejet mais d’un signal. En observant votre enfant, en adaptant votre posture, et avec le bon accompagnement, il est possible de répondre à la grève de la tétée sans rompre le lien d’allaitement.
Si la situation devient difficile, n’hésitez pas à faire appel à une sage-femme, un consultant en lactation, un pédiatre, ou une association de soutien. Une aide existe pour chaque maman, chaque bébé, chaque étape.
L’allaitement au sein évolue. Il peut s’adapter. Le plus important reste de nourrir votre bébé avec sérénité, que ce soit avec du lait maternel, du lait artificiel ou une combinaison des deux, selon ce qui fonctionne pour vous, jour comme de nuit.
Références :
- https://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/surmonter-les-obstacles/895-le-bebe-qui-refuse-de-teter
- Riordan J. "Understanding nipple pain in breastfeeding" – Journal of Obstetric, Gynecologic & Neonatal Nursing, 2009.
- https://www.inspq.qc.ca/mieux-vivre/alimentation/nourrir-bebe-sein/difficultes-d-allaitement-solutions




