À la fin de la grossesse, chaque jour peut sembler durer un mois.
Vous êtes enceinte, fatiguée, votre sommeil est haché, bébé pèse dans le bassin, et vous vous demandez comment accoucher plus vite sans prendre de risque ?
Entre la marche, le ballon, la tisane de framboisier, l’acupuncture, la stimulation du mamelon ou encore, les relations sexuelles, les astuces pour déclencher l'accouchement circulent partout.
Certaines méthodes naturelles peuvent aider le corps à se préparer, favoriser la sécrétion d’ocytocine, stimuler les contractions ou ramollir le col quand le travail est déjà proche. D’autres peuvent provoquer plus d’inconfort que d’effet réel.
Avant de chercher à déclencher l’accouchement, mieux vaut comprendre ce qui peut vraiment faciliter la naissance, ce qui reste un mythe, et quand consulter un professionnel de santé.
Combien de temps dure un accouchement normalement ?
La durée d’un accouchement varie beaucoup d’une femme à l’autre.
Un premier accouchement est souvent plus long qu’un deuxième ou un troisième.
La position du bébé, l’efficacité des contractions, la fatigue, la mobilité, la péridurale, le stress et l’état du col jouent tous un rôle.
Le travail commence quand les contractions deviennent régulières, rapprochées, douloureuses, et qu’elles modifient le col de l’utérus. Avant cela, vous pouvez ressentir des contractions pendant plusieurs heures sans être encore en travail actif.
Un accouchement comprend plusieurs étapes :
- la phase de latence,
- la phase active,
- la descente du bébé,
- l’expulsion,
- puis la délivrance du placenta.
Certaines mamans accouchent vite. D’autres vivent un travail plus progressif. Douleurs et accouchement ne suivent pas un modèle unique.
Peut-on vraiment accélérer un accouchement ?
Oui, dans certaines situations. Mais il faut distinguer ce qui accompagne la physiologie de ce qui force le corps.
Votre col doit se ramollir, se raccourcir, puis s’ouvrir jusqu’à dilatation complète. Les contractions utérines permettent cette progression.
L’ocytocine, une hormone produite naturellement, aide l’utérus à se contracter. Elle est favorisée par un climat de sécurité, de calme et de confiance. Vous pouvez donc aider votre corps avec de la mobilité, des positions adaptées, une respiration efficace, un environnement apaisant et l’accompagnement d’une sage-femme.
Ces gestes peuvent soutenir le travail. En revanche, aucune astuce pour accoucher plus vite ne peut ouvrir un col fermé en quelques minutes.
Certaines pratiques (huile de ricin, efforts excessifs, bains trop chauds, plantes non contrôlées ou le fait de sauter pour accoucher plus vite) peuvent provoquer de la fatigue, des malaises, une diarrhée, des contractions trop fortes ou une chute. Le déclenchement naturel du travail reste préférable quand la grossesse se déroule bien. Si une raison médicale apparaît, l’équipe peut proposer une méthode surveillée pour déclencher le travail. Des techniques pour accélérer le travail peuvent également être mises en place sur indication médicale.
À partir de quelle semaine peut-on essayer de stimuler l'accouchement ?
Avant 37 semaines d’aménorrhée, il ne faut pas chercher à stimuler l’accouchement. Le bébé est encore prématuré.
À partir de 37 semaines d’aménorrhée, la grossesse est dite à terme. Cela ne signifie pas que bébé doit naître immédiatement. Beaucoup de naissances ont lieu entre 39 et 41 semaines.
Si vous souhaitez favoriser la mise en route du travail, parlez-en à votre sage-femme, surtout en cas de :
- grossesse à risque,
- césarienne antérieure,
- bébé en siège,
- placenta bas,
- hypertension,
- diabète gestationnel,
- perte des eaux.
En cas de césarienne programmée, ne cherchez pas à provoquer des contractions sans avis médical. La conduite à tenir dépend de la raison de la césarienne et du terme prévu.
Les méthodes naturelles pour favoriser un accouchement plus rapide
Les méthodes naturelles peuvent aider si votre corps est prêt. Elles ne remplacent pas la surveillance médicale. Elles doivent rester confortables et ne jamais vous épuiser. Certaines sages-femmes en parlent lors des séances de préparation à l'accouchement. C'est aussi l'occasion de poser des questions sur les astuces de grand-mère.
Bouger et changer de positions
La mobilité aide parfois le bébé à mieux s’engager dans le bassin. Les positions verticales utilisent la gravité et peuvent rendre les contractions plus efficaces.
Vous pouvez essayer de :
- marcher doucement, sans aller jusqu’à l’épuisement ;
- utiliser un ballon de grossesse, avec des cercles lents du bassin ;
- être en position debout, penchée vers l’avant ;
- utiliser la position à quatre pattes ;
- utiliser la position sur le côté, avec un coussin entre les jambes ;
- faire des bascules du bassin pendant les contractions.
Le ballon est souvent utile car il permet de bouger sans porter tout le poids du corps. Il favorise l’ouverture du bassin et peut soulager le bas du dos.
Stimuler naturellement les contractions
Lors de l'accouchement, le corps a besoin de contractions efficaces, mais aussi de relâchement.
La peur et la tension peuvent augmenter la douleur et rendre les contractions plus difficiles à accompagner. Vous pouvez faire des exercices de respiration, relâcher la mâchoire, détendre les épaules et chercher une position qui vous donne de l’appui.
Le co-parent peut vous masser le bas du dos, proposer de l’eau, tamiser la lumière et limiter les sollicitations. Une ambiance calme aide souvent davantage qu’une succession d’exercices. Votre sage-femme peut aussi vous proposer des positions selon la hauteur du bébé, la dilatation et votre fatigue.
Relations sexuelles si elles sont autorisées médicalement
Les rapports sexuels peuvent parfois favoriser le travail en fin de grossesse. Le sperme contient des prostaglandines naturelles, qui participent à la maturation du col. L’orgasme peut provoquer de petites contractions utérines.
Cette méthode est contre-indiquée en cas de :
- perte des eaux,
- saignements,
- placenta bas,
- menace d’accouchement prématuré,
- infection,
- douleur ou consigne médicale d’éviter les rapports.
En cas de doute, demandez l’avis de votre sage-femme.
Stimulation des mamelons
La stimulation des mamelons peut favoriser la libération d’ocytocine. Elle peut donc déclencher ou renforcer des contractions. Cette méthode doit rester prudente, courte et validée par un professionnel de santé, surtout en cas d’utérus cicatriciel ou de grossesse surveillée.
Acupuncture, ostéopathie, méthodes complémentaires
L’acupuncture, l’ostéopathie, la relaxation, la sophrologie ou l'hypnose peuvent aider certaines femmes à se détendre, à mieux respirer, à mieux tolérer les contractions, à se sentir plus confiantes et à retrouver de la mobilité. Elles peuvent apporter relaxation et confort à la future mère.
Elles ne garantissent pas une naissance rapide mais, peuvent améliorer votre vécu.
La tisane de framboisier, les dattes, l’ananas ou encore l’homéopathie sont souvent cités en fin de grossesse pour favoriser l’arrivée de bébé. Certaines femmes les utilisent, parfois sur conseil de leur entourage.
À ce jour, ces méthodes ne sont pas reconnues comme réellement efficaces pour déclencher l’accouchement.
💡 Avant d’essayer une plante, un complément alimentaire ou une méthode naturelle, demandez l’avis de votre sage-femme ou de votre médecin.
Quelles sont les interventions médicales qui peuvent accélérer l'accouchement ?
Quand une indication existe, l’équipe médicale peut proposer une intervention pour accélérer ou déclencher l’accouchement. Cela peut arriver en cas de dépassement de terme, rupture de la poche des eaux sans contractions, hypertension, diabète gestationnel mal équilibré ou avec retentissement fœtal, retard de croissance du bébé ou autre complication.
Les méthodes possibles sont :
- Le décollement des membranes : un geste réalisé lors d’un toucher vaginal, si le col est accessible.
- Les prostaglandines : sous forme de gel, comprimé ou dispositif vaginal pour aider le col à mûrir.
- L’ocytocine en perfusion : utilisée pour renforcer ou déclencher les contractions sous surveillance.
- La rupture artificielle de la poche des eaux : proposée dans certaines situations, si les conditions sont favorables.
Ces méthodes nécessitent une surveillance du rythme cardiaque du bébé et de vos contractions. Si vous avez une cicatrice après avoir eu recours à la césarienne, l’équipe adapte les options. Tous les déclenchements ne sont pas indiqués avec un utérus cicatriciel.
Si la douleur devient difficile à gérer, vous pouvez demander la péridurale pour accoucher, selon votre situation et l’organisation de la maternité.
Comment rééduquer son périnée avec les sondes Perifit après un accouchement ?
Après l’accouchement, la question n’est plus d’aller vite, mais de récupérer correctement. Le périnée mérite une attention particulière, surtout après une naissance par voie basse, une épisiotomie ou une déchirure.
Rééduquer son périnée aide à récupérer de la tonicité, à limiter les fuites urinaires et à mieux ressentir les muscles du plancher pelvien.
Les sondes périnéales Perifit utilisent la technologie biofeedback. La sonde détecte les contractions du périnée et l’application mobile vous guide en temps réel. Les exercices peuvent se faire à la maison, de façon simple et ludique, environ 10 minutes par jour.
Les séances guidées aident à rester motivée et à suivre les progrès. Ce type d’outil peut compléter le suivi avec une sage-femme ou un kinésithérapeute.
💡 Avant de commencer, demandez un avis médical, surtout en cas de saignements, de douleur persistante au niveau d'une déchirure du périnée après l'accouchement, d'infection, de points sensibles ou de douleur liée à une épisiotomie.
Vouloir accoucher plus vite comporte-t-il des risques ?
Oui, surtout si vous cherchez à forcer les choses. Un accouchement rapide n’est pas toujours mieux vécu. Il peut être plus intense, plus douloureux et plus difficile à accompagner.
Les risques principaux sont :
- fatigue avant le vrai travail ;
- chute avec des mouvements inadaptés ;
- contractions trop fortes ou trop rapprochées (avec un risque d’anomalies du rythme cardiaque fœtal) ;
- retard de consultation en cas de signe d’alerte ;
- stress supplémentaire ;
- douleurs périnéales plus difficiles à vivre après la naissance.
Pour favoriser un accouchement plus fluide, misez sur la mobilité douce, la respiration, le repos, l’accompagnement et la surveillance adaptée. Votre corps n’a pas besoin d’être brusqué. Il a besoin de conditions favorables pour faire son travail. N'hésitez pas à demander l'avis de la sage-femme ou de l'obstétricien qui vous suit.
Votre corps, votre col, vos hormones et bébé suivent leur propre rythme. Certaines méthodes peuvent aider à créer de bonnes conditions.
Le plus sûr reste d’écouter votre corps, de respecter les signes du travail et de consulter la maternité au moindre doute. Un accouchement plus rapide n’est pas toujours un accouchement mieux vécu. Un accouchement bien accompagné, lui, peut vraiment faire la différence.
Références :
- Kavanagh J, Kelly AJ, Thomas J. Sexual intercourse for cervical ripening and induction of labour. Cochrane Database Syst Rev. 2001;(2):CD003093. doi:10.1002/14651858.CD003093.
- Kavanagh J, Kelly AJ, Thomas J. Breast stimulation for cervical ripening and induction of labour. Cochrane Database Syst Rev. 2005;(3):CD003392. doi:10.1002/14651858.CD003392.pub2.
- Smith CA, Armour M, Dahlen HG. Acupuncture or acupressure for induction of labour. Cochrane Database Syst Rev. 2017;(10):CD002962. doi:10.1002/14651858.CD002962.pub4.
- Haute Autorité de Santé. Déclenchement artificiel du travail à partir de 37 semaines d’aménorrhée. Saint-Denis La Plaine: HAS; 2008.




