La descente d’organes concerne entre 30 et 50% des femmes. Votre gynécologue vous a récemment parlé de la possibilité d’un pessaire ? Mais ses avantages et ses inconvénients vous semblent peut-être encore flous. Qu’est-ce que ce dispositif, exactement ? Est-il vraiment efficace contre le prolapsus ? Faisons le point sur tout ce que vous devez savoir sur ce dispositif médical, pour vous aider à faire un choix éclairé avec votre soignant·e.
Qu’est-ce qu’un pessaire vaginal ?
Un pessaire est un dispositif médical intravaginal, fabriqué en silicone médical souple, conçu pour soutenir mécaniquement les organes pelviens (vessie, utérus, rectum) lorsque ceux-ci tendent à se déplacer vers le bas à l’intérieur du vagin. On parle alors de prolapsus génital, ou descente d’organes dans le langage courant.
Inséré dans le vagin, le pessaire pour prolapsus crée un point d’appui qui compense la défaillance des structures de soutien périnéales. Il ne traite pas la cause musculaire du prolapsus, mais il en neutralise les effets mécaniques (pesanteur pelvienne, sensation de boule vaginale, difficultés à uriner ou à aller à la selle).
Le pessaire est indiqué dans plusieurs situations :
- prolapsus génital, quel que soit le stade ;
- grossesse (béance cervicale ou risque d’accouchement prématuré) ;
- contre-indication chirurgicale ou refus de l’opération ;
- période d’attente avant une intervention ;
- incontinence urinaire (à la ménopause ou non) ou fuites urinaires à l’effort, lorsqu’un prolapsus est associé et que la patiente n’est pas candidate à la chirurgie.
Comment choisir le bon modèle de pessaire ?
Il existe une dizaine de formes de pessaires, adaptées à la nature et au degré du prolapsus, mais aussi à l’anatomie de chaque patiente.
Le pessaire anneau (ou ring) est le modèle de première intention. Souple et discret, il convient aux prolapsus légers à modérés et peut être laissé en place plusieurs semaines. Son principal atout est qu’il peut, dans la plupart des cas, être porté sans perturber les rapports sexuels.
Le pessaire cube offre un soutien plus puissant, grâce à ses six faces concaves qui créent une adhérence par effet ventouse. Il est indiqué pour les prolapsus plus importants, mais nécessite un retrait et un nettoyage quotidien. Cette contrainte doit donc être intégrée dans la décision.
💡 D’autres formes existent (le donut, le Gellhorn, le dish, le Hodge…). Le choix du modèle et de la taille se fait toujours avec un·e professionnel·le de santé, lors d’une période d’essai, en tenant compte de votre anatomie et de votre mode de vie.
Le pessaire pour incontinence urinaire répond à une conception spécifique. Certains modèles disposent d’un nœud de soutien urétral intégré, pour limiter les fuites urinaires à l’effort en compression directe.
Quels sont les avantages du pessaire ?
Une alternative réelle à la chirurgie
Là où la chirurgie n’est pas toujours possible (ou simplement pas souhaitée), le pessaire s’impose comme une option médicalement reconnue. La Haute Autorité de Santé recommande d’ailleurs de le proposer en première intention pour les prolapsus de grade 1 et 2.
Un soulagement quasi immédiat
Dès la pose, la plupart des personnes ressentent une diminution de la pesanteur pelvienne et des symptômes urinaires associés. Pas de délai de récupération, pas d’anesthésie, pas de convalescence.
Une réversibilité totale
Contrairement à la chirurgie, le pessaire ne modifie pas l’anatomie. Il peut être retiré à tout moment, ce qui en fait une solution particulièrement adaptée aux personnes qui souhaitent préserver leurs options thérapeutiques, notamment celles encore en âge de procréer.
Une amélioration mesurable de la qualité de vie
Les études montrent que l’utilisation d’un pessaire améliore la qualité de vie des patientes atteintes de prolapsus, y compris sur les plans physique, urinaire et sexuel. Le pessaire, dans le cas de fuites urinaires, contribue notamment à réduire les épisodes d’incontinence à l’effort, ce qui permet de reprendre des activités du quotidien et sportives plus sereinement.
Une solution désormais accessible financièrement
Depuis le 4 octobre 2024, les pessaires sont inscrits sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR), avec un tarif de prise en charge fixé à 45,84€ TTC.
Quels sont les inconvénients et effets secondaires ?
Un temps d’adaptation à prévoir
Les premiers jours peuvent être inconfortables. Il n’est pas rare de ressentir, avec un pessaire, des douleurs légères, une sensation de corps étranger ou une pression inhabituelle. Dans la grande majorité des cas, cette gêne s’estompe en quelques jours, une fois que le corps s’adapte au dispositif.
Une gestion de l’hygiène rigoureuse
Le pessaire exige un entretien régulier. Le modèle cube, notamment, doit être retiré et nettoyé chaque jour. L’anneau peut être laissé en place plus longtemps (quelques semaines à trois mois, selon la prescription), mais nécessite des consultations de suivi régulières.
Des pertes vaginales plus abondantes
Il s’agit de l’un des effets secondaires du pessaire les plus fréquemment rapportés. L’introduction d’un corps étranger dans le vagin peut stimuler la production de sécrétions. Ces pertes sont généralement bénignes, mais doivent être surveillées.
Un risque d’irritations ou d’infections
En cas de mauvaise pose, de pessaire inadapté ou d’hygiène insuffisante, des irritations de la muqueuse vaginale peuvent apparaître. Avec un pessaire, l’infection urinaire représente un risque réel, quoique minoritaire, qui justifie un suivi médical régulier et une bonne observance des règles d’hygiène.
Impact sur la vie sexuelle et le périnée
Vous vous inquiétez de savoir si votre partenaire peut sentir le pessaire pendant les rapports ? Cela dépend du modèle. Le pessaire anneau, bien ajusté, est généralement imperceptible. En revanche, le pessaire cube doit être retiré avant les rapports sexuels. Il est recommandé d’en parler avec votre médecin lors du choix du modèle.
Pessaire ou chirurgie : comment choisir la meilleure solution ?
Environ 10 à 20% des prolapsus nécessitent une intervention chirurgicale. Le choix entre pessaire ou chirurgie repose sur plusieurs critères médicaux et personnels. La décision se prend toujours avec votre praticien·ne, en fonction de votre situation clinique, de votre âge, de vos souhaits de maternité et de votre qualité de vie actuelle.
| Critère | Pessaire | Chirurgie |
|---|---|---|
| Indication principale | Prolapsus tous stades, contre-indication chirurgicale, refus de l’opération | Prolapsus sévère, échec du pessaire, souhait de solution définitive |
| Efficacité | Soulagement rapide des symptômes | Correction anatomique possible |
| Réversibilité | Totale | Non |
| Récupération | Immédiate | 4 à 8 semaines |
| Risques | Irritations, infections, inconfort | Complications chirurgicales, risque de récidive (17-20 % à 10 ans)1 |
| Grossesse ultérieure | Compatible | À éviter après certaines interventions |
| Prise en charge | Remboursé (LPPR, 45,84 €) | Remboursée par l’Assurance maladie |
| Suivi | Consultations régulières | Suivi post-opératoire |
Comment mettre un pessaire ?
La pose du pessaire est d’abord réalisée par un·e professionnel·le de santé, pour déterminer la taille et le modèle adaptés, puis vous apprendre à la reproduire seule à domicile. La pose et le retrait sont des gestes qui nécessitent un peu d’entraînement, mais la grande majorité des personnes y parviennent en quelques essais.
Avant toute manipulation, lavez soigneusement vos mains. La pose peut être plus aisée en position couchée, vessie vide. À l’inverse, le retrait est souvent plus facile en position debout.
Les trois positions couramment recommandées sont :
- allongée sur le dos avec les jambes repliées et écartées ;
- debout avec un pied surélevé sur le rebord du lit ou une marche ;
- accroupie contre un mur en écartant les cuisses.
Pose d’un pessaire anneau
Pour le pessaire anneau, pliez-le entre le pouce et l’index de votre main dominante, en le pliant au niveau des encoches. De l’autre main, écartez les petites lèvres, puis introduisez le pessaire dans le vagin en le guidant le long de la paroi postérieure, avec une légère pression vers le bas du dos.
Relâchez-le : il se déploie et prend naturellement sa place. Un pessaire anneau bien positionné ne doit pas être perceptible lorsque vous marchez ou toussez.
💡 Pour faciliter son retrait, vous pouvez lui attacher un fil dentaire non mentholé, que vous glisserez ensuite dans le vagin une fois le pessaire en place, à la manière d’un tampon.
Pose d’un pessaire cube
Savoir comment installer un pessaire cube peut demander un peu plus de pratique. Pliez-le au maximum entre les doigts avant de l’insérer. Une fois introduit dans le vagin, relâchez-le. Ses six faces concaves créent un effet de succion contre les parois vaginales qui le maintient en place.
La cordelette qui le prolonge sert uniquement de repère de localisation. Il ne faut pas tirer dessus pour le retirer ! Pour l’extraire, positionnez un doigt entre la paroi vaginale et le pessaire pour neutraliser l’effet ventouse, poussez légèrement comme pour aller à la selle, puis retirez-le délicatement.
Quelle est la durée de vie d’un pessaire en silicone ?
Sa longévité dépend de son utilisation et de son entretien, mais on estime généralement qu’un pessaire bien entretenu peut être utilisé pendant 2 à 3 ans, parfois même davantage. D’ailleurs, le renouvellement de la prise en charge par l’Assurance maladie ne peut intervenir avant 2 ans, sauf si le dispositif est hors d’usage, irréparable ou inadapté.
Comment nettoyer son pessaire efficacement ?
L’entretien est simple, mais essentiel pour éviter tout risque d’irritation ou d’infection :
- lavage à l’eau tiède et au savon doux (sans parfum, sans antiseptique agressif) après chaque retrait ;
- rinçage soigneux pour éliminer tout résidu savonneux ;
- séchage à l’air libre avant réinsertion ;
- pas de stérilisation à l’eau bouillante ni de produits alcoolisés : le silicone médical ne le supporte pas bien sur le long terme.
💡 Le cube n’est pas un pessaire permanent, il doit être retiré chaque soir et être remis en place le matin. L’anneau peut être porté en continu, avec des consultations de contrôle tous les 3 à 6 mois. Il est toutefois possible de le retirer une fois par semaine, pour le nettoyer.
Le pessaire peut-il être utilisé en complément d’une sonde périnéale comme Perifit ?
Le pessaire traite le symptôme mécanique. Il soutient les organes et soulage la gêne au quotidien. La rééducation périnéale, elle, traite la cause musculaire. Elle renforce le plancher pelvien, seul levier pour améliorer durablement sa fonction. Ces deux approches sont complémentaires, non concurrentes.
Voici des situations concrètes où les deux peuvent coexister :
- Prolapsus modéré : Le pessaire soulage les symptômes mécaniques au quotidien, tandis que les exercices recommandés pour le périnée visent à renforcer le plancher pelvien sur le long terme, parfois pour réduire la dépendance au pessaire, voire l’éviter à terme.
- Post-partum : Certaines femmes portent un pessaire en phase aiguë (descente d’organes, hypotonie sévère) pendant qu’elles débutent leur rééducation.
- Incontinence urinaire d’effort : La rééducation est souvent le traitement de première intention. Le pessaire vient en soutien si nécessaire, notamment pour les fuites urinaires pendant le running ou lors d’efforts sportifs intenses.
Les sondes périnéales Perifit permettent de réaliser sa rééducation du plancher pelvien à domicile, en seulement 10 minutes par jour, via une application qui transforme les exercices de Kegel en jeux vidéo. Motivant, ludique et cliniquement validé, les études menées sur les utilisatrices montrent une amélioration du tonus périnéal et une réduction des épisodes de fuites urinaires.
💡 85 % des utilisatrices déclarent avoir réduit leurs fuites urinaires après 4 mois d’utilisation.
Peut-on faire du sport avec un pessaire ?
Le pessaire permet justement de reprendre une activité physique qui serait difficile ou inconfortable sans soutien pelvien. La marche, la natation, le yoga, le Pilates, le vélo et l’aquagym sollicitent peu le plancher pelvien à l’impact et se combinent bien avec le port d’un pessaire.
En revanche, si vous faites de la course à pied ou des sports de saut (fitness, crossfit, équitation) le pessaire peut aider à limiter les fuites urinaires à l’effort, mais la rééducation reste indispensable pour traiter le problème en profondeur.
Bonnes pratiques :
- vérifiez que le pessaire est bien en place avant l’effort ;
- en cas de gêne, de douleur ou d’expulsion pendant le sport, consultez pour ajuster la taille ou le modèle ;
- associez le port du pessaire à des exercices recommandés pour le périnée pour un bénéfice durable.
Le pessaire peut-il tomber tout seul ?
Un pessaire bien dimensionné reste stable lors des activités quotidiennes, y compris lors d’éternuements ou d’efforts. Cela dit, certaines situations peuvent favoriser une expulsion :
- un pessaire trop petit ou mal adapté ;
- une poussée abdominale intense (selles, éternuement fort) en début d’utilisation ;
- une muqueuse vaginale très atrophiée (notamment après la ménopause), qui offre moins de résistance.
Si votre pessaire a tendance à descendre ou à sortir, c’est généralement un problème facile à corriger lors d’une consultation.
Le pessaire est-il remboursé par la Sécurité Sociale ?
Depuis le 4 octobre 2024, les pessaires sont pris en charge par l’Assurance maladie. La base de remboursement est fixée à 45,84 € TTC (tarif unique, toutes marques confondues).
Pour en bénéficier, la prescription doit émaner d’un·e médecin ou d’une sage-femme. L’ordonnance doit préciser à la fois la forme du pessaire (anneau, cube, donut…) et sa taille.
Le pessaire est une solution médicale sérieuse, réversible et désormais remboursée, qui mérite d’être pleinement connue des personnes concernées par un prolapsus ou une incontinence d’effort. Associé à un programme de rééducation guidé, comme celui proposé par les sondes Perifit, ce dispositif représente un vrai levier pour retrouver confort et liberté au quotidien.
Références :
- Prolapsus génital de la femme - Le pessaire gynécologique : à quoi ça sert ? Comment l’utiliser ? - HAS
- Traitement du prolapsus génital - Ameli
- Arrêté du 20 septembre 2024 portant inscription des pessaires au chapitre 1er, titre Ier, de la liste des produits et prestations remboursables prévue à l’article L. 165-1 du code de la sécurité sociale - Légifrance
- Prolapsus génital de la femme : comment améliorer sa prise en charge ? - HAS




