Vous avez l’impression de gonfler sans raison, surtout en fin de journée ? La rétention d’eau à la ménopause touche de nombreuses femmes et peut vite devenir gênante au quotidien. Pourquoi ce phénomène survient-il à cette période de la vie ? Est-il possible d’en venir à bout sans médicaments ? On décrypte les causes de ce trouble et on vous propose des solutions naturelles pour soulager durablement ces inconforts.
Pourquoi la ménopause favorise-t-elle la rétention d’eau ?
La fluctuation hormonale
La chute d’œstrogènes perturbe la balance eau‑sodium et rend les vaisseaux sanguins plus perméables, favorisant la fuite de l’eau vers les tissus et le gonflement.
Ces hormones influencent aussi l’action de l’aldostérone dans les reins, qui contrôle la réabsorption du sodium.
💡 Moins d’œstrogènes signifie souvent plus de sodium retenu et donc davantage d’eau stockée dans l’organisme, même en l’absence de consommation excessive de sel.
La progestérone, qui a un effet diurétique naturel en s’opposant à l’action de l’aldostérone, diminue aussi. Son déficit accentue encore la fuite hydrique dans les tissus et le stockage d’eau.
Avec la ménopause, le cortisol (hormone du stress) tend à augmenter, notamment à cause des bouleversements hormonaux et psychologiques. Il stimule également la production d’ADH (hormone antidiurétique), ce qui bloque l’élimination de l’eau par les reins et active la rétention de sodium.
Ralentissement du métabolisme
Avec la ménopause, le métabolisme basal ralentit, notamment parce que la masse musculaire diminue. Le corps brûle moins de calories au repos et la circulation sanguine devient plus lente, ce qui limite l’élimination de l’eau via les reins.
Une étude récente démontre que la filtration glomérulaire (GFR) baisse en moyenne de 2,3 ml/min/1,73 m² après la ménopause, indépendamment du poids ou d’un syndrome métabolique. Cela signifie que les reins deviennent moins efficaces pour filtrer et évacuer les liquides.
Changement dans la circulation sanguine et lymphatique
Le déclin des œstrogènes provoque une perte d’élasticité des veines. Les « valves » qui empêchent le reflux sanguin deviennent moins efficaces, causant une stagnation du sang dans les jambes et cheville. On observe souvent un œdème variqueux ou une sensation de lourdeur.
Le système lymphatique, sans pompe centrale, dépend des mouvements musculaires. Or, après la ménopause, les vaisseaux lymphatiques perdent jusqu’à 70 % de leur fréquence de contraction et 20 % de force. Cette baisse ralentit l’évacuation des liquides interstitiels, entraînant un lymphœdème chronique.
Prise de poids
Avec la ménopause, le métabolisme de base baisse, la dépense énergétique chute et l’organisme stocke plus facilement les calories non dépensées, favorisant une prise de poids durant la ménopause. Or, le tissu adipeux contient naturellement plus d’eau que les muscles. Il sollicite davantage la circulation lymphatique et veineuse. En cas de surcharge pondérale, la lymphe stagne davantage, ce qui augmente l’œdème.
💡 La chute des œstrogènes encourage le stockage de graisses au niveau abdominal et viscéral.
Une étude de l’université de Washington rapporte une augmentation significative de la graisse intra‑abdominale, passé 50 ans. Cette redistribution favorise particulièrement la rétention d’eau au niveau du ventre pendant la ménopause, créant une sensation de ballonnement persistant.
La graisse viscérale libère des cytokines pro‑inflammatoires comme TNF‑α et IL‑6. Cette inflammation locale accentue la perméabilité capillaire et donc la fuite hydrique, amplifiant les gonflements et l’inconfort. Les troubles circulatoires associés peuvent également aggraver les problèmes de cellulite après la ménopause.

Quels sont les symptômes de la rétention d’eau à la ménopause ?
La ménopause et ses effets sur le corps engendrent de nombreux désagréments. Parmi eux, il y a la rétention d’eau, qui ne se manifeste pas seulement par un gonflement visible. Elle peut avoir un impact significatif sur votre bien-être général.
Les œstrogènes jouent un rôle important dans la régulation de la perméabilité capillaire, l’équilibre hydrosodé et l’inflammation. Leur chute provoque une cascade d’effets :
- jambes lourdes et gonflées ;
- ballonnements abdominaux (ventre gonflé lié à la ménopause) ;
- prise de poids temporaire ;
- sensation de gonflement généralisé ;
- douleurs articulaires causées par la ménopause ;
- tension mammaire ;
- crampes nocturnes ;
- fatigue.

Combien de temps peut durer la rétention d’eau pendant la ménopause ?
Pour certaines, les symptômes durent quelques semaines pendant les pics hormonaux. Pour d’autres, cela peut s’étendre sur plusieurs années, tant que l’équilibre hormonal est instable.
En moyenne, la ménopause se prolonge sur cinq à huit ans, période durant laquelle la rétention peut apparaître et disparaître à plusieurs reprises.

Quels sont les facteurs aggravant la rétention d’eau à la ménopause ?
Sédentarité
Rester statique trop longtemps freine le retour veineux et la circulation lymphatique. Les pauses actives régulières, les étirements ou simplement marcher quelques minutes suffisent à stimuler le drainage.
Alimentation trop salée ou transformée
Un apport élevé en sodium favorise l’eau retenue dans les cellules. Les plats industriels, trop salés, accentuent la rétention. Limiter le sel et utiliser des herbes aromatiques améliore sensiblement la situation.
Manque d’hydratation
Boire peu donne un signal de « famine hydrique » à l’organisme, qui retient l’eau. À l’inverse, bien s’hydrater (un litre et demi à deux litres par jour) dynamise les reins et la filtration.
Chaleur ou station debout prolongée
La chaleur dilate les vaisseaux, amplifiant les fuites d’eau dans les tissus. Rester debout renforce cette stagnation, surtout aux chevilles. Alterner les positions, surélever les jambes et éviter les fortes chaleurs aide donc à limiter la rétention.
Certains traitements hormonaux
Les THS ou les progestatifs peuvent accentuer la rétention d’eau en maintenant des niveaux hormonaux fluctuants. Si, malgré les mesures naturelles, rien ne change, une discussion avec un professionnel de santé est conseillée pour réajuster les dosages ou tester d’autres formules.

Solutions naturelles pour limiter la rétention d’eau à la ménopause
Alimentation adaptée
Adopter une bonne alimentation à la ménopause passe par des choix judicieux. Mangez plus de fruits et légumes frais, riches en potassium (comme la banane ou l’avocat), qui aident à drainer. Privilégiez les légumes diurétiques (concombre, asperge, céleri, ananas) et des crucifères (brocoli, chou) pour soutenir le drainage.
Limitez les aliments ultra-transformés et veillez à réduire votre consommation de sel. Pensez aussi aux fibres, qui améliorent la digestion et réduisent les ballonnements. Boire des tisanes drainantes peut aussi aider au quotidien.
Activité physique régulière
L’association sport et ménopause est particulièrement bénéfique pour lutter contre la rétention d’eau. Bouger relance la circulation. Marche, yoga, natation… Choisissez ce qui vous plaît !
L’essentiel, c’est la régularité. Même dix minutes par jour suffisent pour activer le retour veineux et lymphatique. Cela réduit naturellement la sensation de jambes lourdes et aide le corps à éliminer les liquides en excès.
Plantes et remèdes naturels
Les tisanes de pissenlit, ortie ou reine‑des‑prés favorisent un drainage doux et naturel.
Les huiles essentielles de cyprès et genévrier, utilisées en massage (diluées), favorisent la circulation veineuse et l’élimination de l’eau.
L’homéopathie (Natrum muriaticum 7 CH, Natrum sulfuricum 9 CH, Thuya 5 CH, etc.) peut aussi aider à soulager les symptômes, selon les sensibilités de chacune. Pour garantir l’efficacité et la sécurité du traitement de la rétention à la ménopause, demandez conseil à votre pharmacien et suivez bien les recommandations d’usage.
Auto-massages et soins
Le drainage lymphatique manuel (MLD) est une technique douce et spécifique. Elle utilise des mouvements circulaires rythmés pour stimuler les contractions des vaisseaux lymphatiques, accélérant ainsi le retour des fluides vers les ganglions. Ce geste peut être pratiqué en auto-massage, pour atténuer les œdèmes et la fatigue associés à la ménopause.
Les douches alternées chaud‑froid provoquent une vasoconstriction puis une vasodilatation qui stimule le retour veineux. Cette méthode active les pompes musculaires et lymphatiques de manière naturelle.
Surélever les jambes favorise le retour veineux post-effort ou après une longue station debout. C’est un geste simple, mais très efficace pour soulager des œdèmes. En cas d’insuffisance veineuse, le port de bas de contention est souvent recommandé, sur avis médical, pour prévenir les gonflements.
En adoptant quelques gestes simples et naturels, il est possible de retrouver un meilleur confort au quotidien. Ajuster son hygiène de vie et rester active font déjà une vraie différence. À vous de tester ce qui vous convient le mieux ! Et si les symptômes persistent, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé.
Références :
- Leone, A., Menichetti, F., Sileo, F., Gallosti, S., De Amicis, R., Foppiani, A.,… & Battezzati, A. (2025). Menopause is associated with a reduction in glomerular filtration rate, independent of body composition and metabolic syndrome. Maturitas, 108595.
- Zolla, V., Nizamutdinova, I. T., Scharf, B., Clement, C. C., Maejima, D., Akl, T., ... & Santambrogio, L. (2015). Aging‐related anatomical and biochemical changes in lymphatic collectors impair lymph transport, fluid homeostasis, and pathogen clearance. Aging cell, 14(4), 582-594.
- Kodoth, V., Scaccia, S., & Aggarwal, B. (2022). Adverse changes in body composition during the menopausal transition and relation to cardiovascular risk: a contemporary review. Women's Health Reports, 3(1), 573-581.
- Chuni, N., & Sreeramareddy, C. T. (2011). Frequency of symptoms, determinants of severe symptoms, validity of and cut-off score for Menopause Rating Scale (MRS) as a screening tool: a cross-sectional survey among midlife Nepalese women. BMC women's health, 11, 1-9.